Seconde Chance

Roman contemporain

Résumé :

Nina, Théo, Estéban et Violette, viennent des quatre coins de la France. Dans la valise de chacun, les problèmes tissés d’un passé trop lourd. Choisis pour faire partie du projet de réadaptation « La Ferme », ils devront apprendre à vivre ensemble pour dépasser leurs maux et tenter de se reconstruire.

Une seconde chance pour se tourner vers l’avenir que Sandrine et Gino, leurs éducateurs, sont bien décidés à leur offrir, malgré les tourments de l’adolescence et les coups de la vie.


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Pour quels lecteurs et quelles lectrices ? Tout public, à partir de 15 ans ; les personnes appréciant les romans engagés ; les scribouilleurs en herbe souhaitant écrire un roman à plusieurs narrateurs (et ça, c’est Léona qui le dit !).

Ce que vous en avez pensé : lien vers vos commentaires.


Les personnages et les extraits

Chaque samedi du 11 mars au 22 avril 2017, je vous présente un personnage à l’aide d’un extrait de « Seconde Chance ».

 

Sandrine

Je commence donc par Sandrine, l’éducatrice du groupe, qui vous donnera un petit aperçu de la bande de jeunes choisie pour La Ferme ! 😉

Sandrine approche de la quarantaine et a travaillé de nombreuses années à l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) de Marseille.

Soudain, une prise de conscience me heurta. Voilà, nous avions passé le premier mois ici : j’observai toute la scène d’en haut, comme si j’étais sortie de mon corps.

Tous, ils avaient tous l’air épanoui. Pas comme des adolescents « normaux », bien sûr, mais ils n’avaient rien à voir avec ceux du mois d’août. Ils étaient moins meurtris, sauf peut‑être, Estéban. Moins sauvages, mis à part Violette. Ils ressentaient plus de confiance en eux, surtout Sofiane. Et ils s’étaient beaucoup remis en question, en particulier Nina. Théo restait celui qui avait le moins changé. Toujours cet air hautain et ce regard à l’affût de la moindre bêtise à faire. Toujours avec ses survêts Lacoste sans un pli ni une tâche. Et son éternelle casquette vissée sur le crâne.


Gino

Gino est l’éducateur du groupe. L’idée de « La Ferme » provient de lui ! Il fêtera ses trente-six ans au cours du roman, et pour cette occasion spéciale, une belle surprise l’attend… Mais cet extrait n’a rien à voir ! Ici, il nous dévoile sa façon de percevoir l’adolescence…

Comment expliquer à un ado que ses parents sont des êtres humains, et non des dieux capables de tout accepter et de tout comprendre ? Cette période rompait toute forme de communication, dans certaines familles. Chaque partie demeurait sûre que l’autre ne faisait aucun effort pour se mettre à sa place. L’impression d’un énorme fossé les séparant accentuait encore cette idée. C’était faux.


Théo

Cet extrait dévoile Théo, un des jeunes acceptés pour intégrer La Ferme. Il arrive tout droit de Bordeaux et… je n’en révèle pas plus ! À vous de lire ! 😉

— Quand as‑tu commencé à dealer ?

— Un peu après. On voulait s’habiller classe, comme les aînés, en Lacoste et tout.

Elle attendait que je continue. Mais je voulais pas parler de mon meilleur ami. Il était comme une grosse boule de tristesse coincée au milieu de ma gorge. J’avais l’habitude de sentir son poids. Elle était là depuis ce jour… Mais aujourd’hui, maintenant, devant le regard océan de Sandrine, devant son attention, elle m’empêchait presque de respirer. Je déglutis péniblement, manquant de m’étouffer.


Violette

Violette, contrairement aux autres personnages, tient un journal intime. C’est à travers les mots qu’elle y trace que vous la découvrirez. Elle vient de Nîmes, et fait elle aussi partie du groupe d’adolescents choisis pour intégrer le projet de réadaptation La Ferme.

Je me penche dangereusement au‑dessus du vide. Les herbes folles bougent dans le jardin, elles s’agitent au gré du vent. Le vide m’attire. Depuis toujours. D’aussi loin que je me souvienne. Il paraît qu’à trois ans j’ai failli sauter du haut d’une falaise. C’est l’assistante maternelle qui m’a rattrapée de justesse. Peut‑être qu’on n’a tout simplement pas peur, à trois ans ? Peut‑être que je voulais juste voler, comme les oiseaux ?


Estéban

Estéban arrive de Nancy. Il fait partie des cinq jeunes choisis pour le projet La Ferme. À travers cet extrait, il en révèle un peu plus sur les attitudes des uns et des autres. 😉

Alors là, assis sur le banc de pierre collé à la Ferme, le ciel s’ouvrant devant moi comme un éventail, j’avais envie de dessiner. Continuer à avoir la tête vide. Continuer à ne penser qu’à des futilités. Le repas avait été bon. L’ambiance, décontractée. Sandrine et Gino n’étaient pas des imbéciles. Juste des éducateurs qui aimaient leur métier, sinon ils ne seraient pas venus s’enfermer dans une ferme avec cinq ados en pleine crise. Sofiane n’avait presque pas parlé pendant le dîner. À peine deux mots, pour dire qu’il avait aimé cette première journée. Théo était resté bloqué sur les seins de Nina, qui débordaient de son tee‑shirt. Violette avait été discrète. Pas timide. Simplement sur une autre planète. Un peu à l’extérieur du groupe, sauf quand elle décidait d’y entrer.

Pourquoi nous ? Quand je nous ai regardés, ce soir, tous assis autour de cette grande table, à manger un gratin dauphinois, je me suis posé la question. Les autres avaient‑ils une histoire aussi tordue que la mienne ? Étaient‑ils aussi détruits que moi ?


Sofiane

Sofiane est sans conteste le personnage le plus discret de « Seconde Chance », pour autant, il prend lui aussi la parole. Il est un des cinq jeunes choisis pour intégrer le projet de réadaptation La Ferme.

Est‑ce que les autres saisissaient la chance que Sandrine et Gino nous offraient ? Si chacun et chacune d’entre nous fournissait un petit effort, on pourrait vivre un an tranquillement, sans se faire malmener. Juste le temps de reprendre quelques forces avant d’affronter le monde des adultes. Cette perspective me rassura un peu. L’espoir fait vivre, il paraît ! Un sourire se dessina sur mes lèvres à cette pensée. Ce dicton s’appliquait à moi depuis longtemps. Et alors que j’allais enfin m’endormir, bercé par cette pensée rassurante et habituelle, une goutte de sueur glissa sur mon torse, et le long de mes côtes, me ramenant à la fournaise ambiante. Je soupirai en me retournant sur le ventre, le visage enfoui dans mon oreiller trempé, le drap humide collant à ma peau bouillante. L’été devenait ma saison détestée.


Nina

Je termine aujourd’hui par vous présenter Nina ! Cette niçoise de dix-sept risque de vous scotcher par son vocabulaire et son attitude quelque peu provocante ! Pas d’inquiétude cependant, je vous ai sélectionné un extrait soft !

— J’ai été élevée comme ça, dans cette ambiance.

Je montrai mon string jaune fluo d’un signe de tête.

— Je commence seulement maintenant à me rendre compte que quelque chose ne va pas. Je revisite mes souvenirs… Mais je les vois plus avec mes yeux d’avant. Je les vois avec vos yeux à vous, ça fait trop mal ! Je veux pas voir ma vie avec votre regard !

Les sanglots me secouaient comme une feuille par le vent. Je me débattais avec ma conscience depuis plusieurs jours. Je refusais de penser à mon comportement. Je refusais de changer. Ça faisait trop mal. Ça faisait trop peur, parce que j’avais vécu toute ma vie ainsi. Je ne me sentais pas assez courageuse pour affronter mon histoire.

Sofiane m’attira contre lui et je m’agrippai à son cou comme à une bouée de sauvetage.

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  1. Voilà Ilé, je viens à l’instant de finir la lecture de ton roman (ouais, je sais, j’ai trainé, je suis un véritable escargot…)
    Par contre, je ne peux m’empêcher de venir tout de suite te mettre un commentaire. Ton roman est vraiment super sympa, j’ai adoré cette histoire! Bravo!
    Pourtant, pour tout avouer, avant que j’entreprenne la lecture, l’histoire ne m’emballait pas plus que ça. J’avais sûrement plein d’aprioris sur un roman qui traite d’adolescents en manque de repères ou je ne sais quoi. J ‘appréhendais de m’ennuyer ferme au bout de quelques pages…eh bien! Pas du tout!
    Je pense que cela tient à ton talent (indéniable, il faut bien le dire), mais aussi à cette façon de présenter le roman, avec un chapitre pour chaque personnage, l’écriture à la première personne. Direct, je fus plongé dans les tourments et les actions de ce petit groupe de personnes. J’ai tout de suite eu envie d’en savoir plus à leur sujet, leur passé, leurs traumatismes et le fait que tu accentues beaucoup sur le versant psychologique (pour moi hyper important), on ne peut qu’adhérer et on ne lâche plus le livre!
    Vraiment je te félicite, je trouve ce roman très abouti. Il mérite de se faire connaître.
    J’espère arriver à produire un roman aussi travaillé que celui-ci. Encore félicitations à toi Ilé et à bientôt 😉

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